Trentième anniversaire du lycée François Villon

par M. Le Dilhuidy

Rappels historiques :
La trace la plus ancienne de notre histoire est une sépulture mégalithe de plus de 5000 ans.
Environ 3000 ans plus tard un village qui deviendra Les Mureaux (dont l’étymologie supposée Murelli signifie murailles).
17/12/72 derniers pas de l’homme sur la lune.
Années 1980 : Disparition de Jean-Paul Sartre, élection de François Mitterrand, abolition de la peine de mort.
17/12/82 : Inauguration du lycée François Villon.
Une date, un lieu et un nom :
C’est effectivement aux Mureaux qu’une tombe préhistorique a été découverte, notre collègue de SVT, M. Lepot a participé à la fouille. Faute de sépulture, notre poète trouve justement aux Mureaux un établissement scolaire qui porte son nom.
Curieusement, c’est un lycée sans mur d’enceinte que l’on bâtit aux Mureaux (Murelli) !
Royalement gracié, mais banni de Paris, notre François Villon accueilli en banlieue, aurait sans doute apprécié et goûté ce cadre bucolique et viticole. François de Montcorbier (c’est son vrai nom) se serait assoupi à l’ombre du colombier de la Maladrerie de la comtesse de Maule. Nous devons à Mme Dagès et M Pain quelques éléments de réponse sur l’origine du lycée. Aucune archive n’ayant pu être consultée.
Le lycée est construit grâce à l’opiniâtreté conjointe des élus locaux et des parents d’élèves, avec sit-in, pétitions, délégations et manifestations (qui feront école). C’est un projet d’Etat de l’Education Nationale d’avant la régionalisation.
Ensuite, le chantier a été suivi par M. Martinau et M. Legall, Proviseur et Proviseur-adjoint qui se bottaient et se casquaient pour aller sur le chantier où ils ont même été quelques heures séquestrés suite à un différend entre les ouvriers et les responsables professionnels du chantier. Brève et douce captivité comparée à celles endurées par Villon le « coquillard » (malfaiteur).
Le nom de Jean-Paul Sartre, récemment décédé est d’abord proposé, puis écarté… Trop récent ou trop subversif ? On lui préfère Villon, un autre homme de lettres… en V comme Verne Verlaine, Vaucanson, (scientifique et écrivain), Vilar (homme de théâtre), les autres établissements scolaires du secteur.
Déjà des effectifs pléthoriques d’élèves obligent les collègues à enseigner dans des préfabriqués comme avant et pendant la construction du lycée.
A Aubergenville, le lycée Van Gogh (créé plus tard à la date anniversaire du peintre à l’oreille coupée, le V initial est ici pur hasard) résorbe le surplus et fait disparaitre les préfabriqués.
Excentré, le lycée François Villon est implanté en zone agricole, au confluent de plusieurs communes, près des axes routiers.
Urbi et Orbi. Son recrutement se muriautise (passant de 20 à 60%), il cultive et fructifie ses mixités sociales et culturelles qui font sa richesse.
A l’époque des créations des ZEP, le conseil d’administration vote contre la demande d’inscription en ZEP pour éviter une mauvaise image du lycée qui jouit d’une excellente réputation à tel point que des parents déménagent sur le secteur pour que leurs enfants soient scolarisés à Villon.
L’amicale concurrence d’autres lycées et la suppression de la carte scolaire n’ont pas provoqué d’hémorragie. C’est plutôt une saine émulation. Les jumelages, échanges et conventions se sont multipliés avec des établissements de premier, deuxième degré et du supérieur ; mais aussi des centres de recherche et de culture.
Vers 1995 les sections électroniques et les constructions mécaniques sont transférées à Vaucanson. Les BTS industriels sont remplacés par des BTS tertiaires. Il faudra une bonne décennie pour aménager les ateliers vacants en salles d’EPS et de BTS.
Le « cube », foyer des élèves, est inauguré en cette année 2012.
Lycée général et technique Villon poursuit sa mutation. Il se « TICE » , s’informatise, se numérise et même se spatialise (dans la ville d’Ariane).
Mais Facebook n’a pas effacé l’icône.
L’ordinateur officiait déjà dans le scriptorium du Moyen âge.
Bill Gate est redevable à Gutenberg.
Le lycée est toujours une pépinière de philosophes et de poètes.
A trente ans, âge de maturité, François Villon réalise une œuvre poétique majeure.
Qu’il veille sur « ses frères humains » et que son talent nous ouvre des horizons de poésie !